10.07.2007

Jazz à Vienne je reviens …

medium_jazzvienne07_114.2.jpgQuand le soleil descend sur nous, la troupe n’est pas encore en scène, les bonnes gens s’installent sur les gradins du théâtre antique avec les sandwichs et coussins pour ceux qui ont les fesses fragiles. Y’en a des bleus made in festival et d’autres qui sortent de la maison quitte à dévaster la banquette pour un soir.
La scène est encore vide et les gradins presque tous pleins. Les deux écrans géants passent les bobines de l’assistance qui surprises font face aux caméras, c’est le sourire qui prime et moi qu’est-ce que je ferai ? Ca va commencer !
Les notes fusent dans le jour finissant, rougeoyant les collines autour et nous par les projecteurs soit vert soit bleu, c’est le jazz qui s’incruste aussi. La musique prend sa place en nous.
La nuit est tombée et la scène lumineuse seulement éclaire les quatre musiciens et les talons hauts de l’affiche du festival en fond de scène.
On est bien dans la communauté, les artistes aussi. Les rappels abondent et sur les écrans géants les sourires des vedettes en disent long, ils sont prêts à faire le bœuf sur scène …
C’est fini. Dommage il pleut dans la nuit mais le soleil est dans nos têtes.

09.06.2007

Vu le genou de clair de Eric Rohmer 1970

medium_Fanny_075.jpgJ’ai revu ce film avec curiosité par rapport au décalage des années. 35 ans. Comment était cette période que j’ai vécue à l’age des amourettes d’adolescents. Film considéré intellectuel. Les dialogues des personnages sont incessants comme le pratiquait la jeunesse de l’époque en général même si la situation se déroulait dans la haute société. Ils priment sur le canot et la nature.

Je retrouve le discours de l’époque ou la libération sexuelle passait davantage par les mots que par l’action, contrairement à aujourd’hui. Que de cogitation incessante et parfois traumatisante à l’age des premiers amours. Le questionnaire romantique dirigé par l’homme pour cerner la pensée féminine, laissant la parole à 80 % aux filles. Que de changement depuis le 18 ème siècle ou l’homme faisait sa cours de paroles et mots voués exclusivement à faire craquer la belle dans le lit à baldaquin ou tissus légers et transparents voletaient comme sous une pluie de pollens blancs. Voir du coté d’un Luchini dans sa rhétorique qui fait sourire maintenant.

Un homme de 35 ans au prise d’une adolescente de 16 ans. Barbu le Brialy dans ce film ou sa cote au box office le reléguait à ce genre de film ; jouant les seconds rôles au coté de Delon ou Belmondo et n’apparaissant pas à celui de Funès mais plutôt aux théâtres parisiens flanqués de boites et restaurants mondains. Ce scénario semble presque impossible aujourd’hui tant la fracture de la jeunesse envers les quadras est nette. La luxure du beau et jeune, sur- médiatisée, ne laisse que peu de place à ce petit jeu sur les écrans des ciné cités qui prônent la violences et les effets spéciaux. Voir du coté d’un Clit Eastwood peut être …

C’est vrai que les actions romantiques se déroulaient en campagne, ici, lac et montagne. On découvre que la montagne existe, que l’eau est notre élément essentiel, que quand il pleut fort on s’arrête et l’on joue avec des moments forts de l’existence puisse que l’on parle d’amour.

12.04.2007

Carambolage

medium_25-03-07_013.2.jpgLe directeur du magasin devait organiser un essai d'évacuation des clients en cas d'urgence. La note reçue par les services de la protection civile de la préfecture ne l'enchantait guère mais avec l'avis du staff technique du magasin, ils décidèrent de le faire le jeudi 12 avril à 13 heures. En effet, ce créneau horaire était statistiquement le moins fréquenté par la clientelle. Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'est que la direction nationale lancait une promotion sauvage ce jour là pour contrer la concurrence.
La clientelle attirée par l'allèchante promotion se rua dans le magasin comme la misère sur le pauvre monde. De plus, profitant du créneau de midi , les clients étaient plus pressés que d'habitude et donc plus énervés pour vaquer ensuite, leurs achats faits, à leurs obligations ou occupations habituelles.
L'alarme se déclencha à l'heure prévue avec l'annonce d'évacuer les lieux dare-dare.
La panique s'empara subitement à tous les consommateurs poussés par un vent de folie inhabituelle. A l'intérieur du magasin, ceux qui n'avaient pas passé leurs chariots en caisses se précitèrent vers la sortie en laissant leurs chariots sur place. Ceux qui avaient payés leurs courses se jetèrent sur les portes de sorties, bloquant les deux portes à tambour aux extrémités de la galerie. Les chariots s'agglutinèrent de telle sorte qu'un amas de ferraille et de victuailles se forma rapidement, s'élevant dans un brouhaha indescriptible. Un chariot pronait en haut de la pyramide avec comme étendard un papier cul rose maculé de sauce tomate, les cartons de lait éclatés faisait de cette sculpture féérique une fontaine unique dans l'histoire de l'architecture contemporaine.
Cette histoire, malheureusement vraie, ne fit aucune victime. Les clients furent dédommagés et le directeur fut écarté de la grande distribution. Son destin était donc tout tracé puisse qu'il est maintenant responsable d'une casse automobile à Carcassonne.