14.11.2009
Est-ce indécent de demander du feu à une dame ?
Je n’avais pas de feu sur moi. La femme qui fumait sur le trottoir aurait pu m’en donner mais je n’ai pas osé.
Ce stratagème peut servir en d’autres occasions comme celle-ci lorsque j’ai croisé ce type hagard, habillé comme une cloche, que je croyais reconnaître. Et si c’était lui ? Ce doute m’a trotté dans la tête longtemps.
J’aurais dû lui demander du feu et j’aurai été fixé tout de suite. On aborde la personne en lui disant :
« Comment ça va vieux ? »
« Je crois que vous faites erreur de personne, désolé »
Et l’on s’excuse tout honteux devant son sourire narquois qui lui laisse penser :
« Eh bien toi, t’es bon pour Alzheimer ! »
J’ai regretté de n’avoir pas utilisé l’astuce du feu. Il y a longtemps que je ne l’ai pas vu. Je me dis encore :
« C’était lui ou pas ?
Je suis passé à coté de lui sans m’arrêter, en gardant ce doute, puis, en me retournant, je l’ai observé de loin ; je restais toujours sur mon incertitude. J’aurais voulu savoir.
Et pourquoi ? Eh bien parce que le souvenir de gens sur nos traces nous tiennent à cœur, nous avons fait un bout de chemin ensemble même si les relations ont été interrompues. Cela m’aurait fait mal de savoir qu’il soit tombé dans la déchéance. Et puis si c’était lui, qu’aurais je fait ? Parler avec lui quelques instants pour lui demander comment il va :
« Eh bien, tu n’as pas besoin de me poser cette question, tu vois ... »
Lui remémorer des souvenir des bons moments passés ensemble et lui dire en partant : « j’espère que tu vas t’en sortir » sachant que tous les deux savons bien qu’il est difficile de sortir du trou. Un jour, le trou pour tout le monde, bien sur, qui se referme à jamais, mais avant, il y a l’avant, la solitude, le désespoir, la souffrance, le manque des autres. Mais moi, je n’y étais pas…
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17.09.2009
La salle d'attente
19:31 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.04.2009
Bar d’un soir, bonsoir !
Jeudi soir, je suis sorti pour une dégustation de vin. C’était l’occasion de se retrouver entre amis pour passer une bonne soirée.
Hélas la soirée ne fut pas géniale ; au bout d’une heure, je me demandais ce que je foutais là et je me suis dit que j’aurais été cent fois mieux dans mon lit. En plus, j’étais fatigué et ne trouvais aucun intérêt à la conversation des uns et des autres.
Je me suis demandé pourquoi la soirée fut gâchée. Pourtant le bar est agréable et sur le trottoir on peut poser son verre sur un petit tonneau pour prendre l’air et fumer une cigarette pour ceux qui veulent. A l’intérieur, parquer dans un coin , la table pour quatre personnes, six en se serrant sur deux banquettes cuir, face à face ; l’espace ne permettait à tout le monde de se parler et l’effet de groupe conviviale n’était pas au rendez vous.
Le bar était loin d’être plein sauf lorsqu’un match de foot attire la clientèle ou qu’un groupe d’étudiants débarquent à l’improviste ; les autres bars d’à coté étaient bourrés jusqu’à la gueule, on se presse au bar pour s’arracher une pression.
Alors j’aurais pu dire à la patronne « votre bar ne marche pas, il faut réorganiser les lieux". Ҫa ne se dit pas, pourtant elle est sympa, on aimerait bien que son affaire tourne rond comme avant. Bar de nuit pour les noctambules ; bar de passage entre deux transports ou un rendez inopiné ; à la journée pour un croc monsieur, carafe d’eau, café strong pour repartir au boulot. Il faut choisir, il y a des bars qui font la journée et ferment à sept heures coup de balai compris et les autres, une multitude ...
Du café d’avant guerre avec la trappe de la cave derrière le bar à caisse enregistreuse d’où surgissaient les blancs et les rouges à foison au bar soft-fashion, l’évolution à suivi nos modes de vie et reflète notre évolution économico sociale . Aujourd’hui, les bars au design fantastique où l’on a du mal à imaginer une tasse café à l’intérieur, de toutes formes, hauts, bas, à étages, l’ambiance est salon chic choc, jeunes et costards , chemises blanches , robes de soirée ; j’exagère, tout le monde à un bar à son image !
Enfin, le principal est de trouver l’endroit grisant et dépaysant pour se défatiguer de la journée, se retrouver entre nous, rentrer à la maison, content du bon moment passé, et pourquoi pas changer et passer par la case bar comme celui-ci :
- Qu’est que vous buvez, Monsieur ?
- Moi, se sera un jus de carotte blanc.
- Et vous, je vous sers la même chose ?
- Pour changer, je vais prendre un jus de saucisse de Strasbourg.
- Désolé, nous sommes en rupture d’approvisionnement.
- Une bière, alors ?
- Nous avons arrêté, il y a plus de gaz, ce n’est pas écologique et ça vaut une fortune !
11:57 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.02.2009
La mort qui vous touche de près
Une sensation de vide dans le corps, quelque chose d’indéfinissable qui veut sortir, provoquée par l’émotion immense, le chagrin. Il faut que ça se vide. On naît petit, le corps bien rempli de ce capital de sentiments intacts, gonflé à bloc ; le corps grandit, se vide petit à petit des blessures de la vie, de superficielles à d’importantes ; ce sac se désemplit.
Lorsque l’émotion est son paroxysme, ça reste bloqué dans la poitrine, en haut de la poitrine. Il faut que ça parte qu’on se vide. Et puis tout à coup, jaillit les larmes, les sanglots sortent par la bouche, par le nez, par les yeux ; ça ne peut rester en dedans, il faut que ça sorte comme le volcan : le bouchon a cédé sous la pression. Évacuer la douleur contenue comme le jeune cheval fougueux qu’on débourre, ses naseaux expulsent des jets de souffles puissants mêlés d’eau brûlante, la bave aux mors - la bande dessinée le représente bien -…
Le vide s’est apaisé dans le corps, le cerveau prend le relais pour le mettre de coté, pour l’analyser, c’est le jeu de l’inconscient. De toute manière ça va ressortir de façon anodine et pernicieuse, la cicatrice n’est pas près de se fermer ! Il restera toujours des séquelles, qui s’ajouteront aux autres blessures. C’est la marque de la vie qui se voit sur les visages, même ceux apaisés. Il y a toujours une trace, au coin de l’œil ou dedans, une plissure gravée du front, un sourire presque parfait… à ne pas confondre avec les aléas du temps.
10:55 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.02.2008
Tintin, le canard enchaîné et les balayeurs
J’attendais le bus en compagnie d’un blaireau blondinet qui tentait de lire le canard enchaîné fraîchement imprimé au milieu d’une armada de balayeurs en action, armés d’aspirateurs électriques à bretelles. L’homme me faisait penser à Tintin avec son air guilleret et sérieux traquant l’information.
Pas de pot, le bus avait du retard, alors, en poireautant dans l’abri bus, j’observais le ballet des agents de propreté traquer la feuille automnale du trottoir.
Pas une ne doit pouvoir s’échapper tant l’organisation est efficace, rationnelle et sans pitié pour la feuille nervurée. La voirie doit être nickel et retrouver son noir authentique. Tout d’abord, deux hommes munis de gros aspirateurs, aidés d’un autre, posté sur la chaussée avec un aspirateur miniature très maniable, masques à poussière sur le visage, poussent les feuilles vers le caniveau, tendît que derrière, dans ce nid à poussière, la grosse balayeuse engloutit le tout par un flexible indiscipliné.
Tintin, pas perturbé par ce tintamarre, absorbé par un article présumé pas piqué des vers, ne bougeant pas d’un pouce à l’approche des hommes masqués, fut surpris de se faire souffler sa feuille de choux par le tuyau glouton du balayeur moderne traçant son caniveau obstinément. Le sloop de l’aspiration fut si prompt que notre homme resta les bras tendus tenant toujours son journal virtuel Il baissa ses bras doucement façon robot en regardant filer la balayeuse.
Il monta dans le bus, digne, la tête haute, moi, lui emboîta le pas, me retenant de rire pour rouler vers le boulot pas frustrer de l’aventure !
L’ère de la mécanisation a remplacé notre balai de paille et la brouette verte qui se faufilaient sans bruit dans nos allées de platanes. A quand les robots d’acier qui seront programmés pour nous saluer mécaniquement pour rétablir un peu convivialité d’antan d’une main tout en aspirant de l’autre.
17:25 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.11.2007
Pépé s'est pété la gueule
Quand on est vieux tout est usé mais quand la tête déconne, ça n’arrange pas les choses. Pépé lui il ne se rappelle pas des choses et quand il pose une question, il a oublié la réponse deux secondes après. Moi je ne vis pas avec lui, ce n’est pas comme Mémé qui est usée dans sa tête comme elle dit. Et puis il a son problème de genou. Il ne peut plus marché, il bransigole (brandouiller en correcteur d’orthographe) et même de plus en plus. Alors l’autre nuit il s’est pété la gueule en allant aux toilettes et même fort puisse que les pompiers sont venus pour l’emmener à l’hôpital. Il a eu très mal.
Quand je suis allé le voir à l’hôpital, il était étincelant et frais comme la rosée du matin sur une pomme d’automne pourtant il a été opéré du col du fémur dans la nuit, mais il se rappelle de rien.
- Quand c’est que je sors ? dit Pépé dans son lit tout blanc, tout propre.
- Mais tu sais que tu ne peux pas sortir tout de suite, tu as été opéré cette nuit, lui dis-je gravement en plissant le front de manière à être plus dissuasif.
- Ah bon ! qu’il fait étonné.
- Mais l’infirmière te l’a déjà expliqué, me tournant vers elle.
- Oui mais je veux rentrer à la maison, je vais bien maintenant, dit-il sur de lui.
- Tu sais que tu va être obligé de rester encore quelques temps, et puis tu devras faire de la rééducation pour ta jambe, ça va demander du temps tu sais !
- Ah bon !
Après lui avoir bien expliqué avec l’infirmière, très gentille et compréhensive qu’il a eu un grave accident et que ça demande du temps pour arranger tout ça, je suis partis pas complètement rassuré qu’il ait tout compris. Je me dis qu’il va falloir lui ré expliquer la même chose. Moi, je viens le voir le week-end, mais Mémé, elle, elle vient matin et soir !
11:46 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.08.2007
Les bons bancs de concarneau
Je vous attendais quand vous réserviez la pizzeria pour le soir. Pour cela, je suis allé sur la promenade du quai du port de plaisance. Et puis, je m’assis pour profiter de la vue sur les bateaux et la ville close.
Bien m’en a fait puisque fort d’apprécier la vue, le reste m’en fut agréable aussi. En effet, mon corps se détendit pour épouser parfaitement le profil du banc. Je ne sais pas si ma morphologie correspondait pile poil ou si ce banc là a été conçu pour un gabarit universelle en prenant un peu du grand cow boy du Texas, du mexicain, au profil inca, petit et large, et autre chinois souple et actif, mais voila, il m’allait comme un gant !
Merci monsieur l’architecte de n’avoir pas mis un banc au rabais qui attire la lombalgie au bout de deux minutes. En plus il est beau ton banc comme ceux que l’on rencontrait dans les parcs et jardins d’enfants d’autrefois.
Du coup, j’ai préféré le sandwich à la pizza pour voir le couché de soleil sur le port.L’histoire ne dira pas si j’ai testé mon banc pour la nuit.
19:23 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.07.2007
Un petit bout de chemin avec toi
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Quand j’ai pris la grand route, je ne t’ai pas remarqué tout de suite ta présence. C’est au fil des kilomètres que j’ai commencé à voir ta croupe cavalière dans mon champ de vision extra routière.
Je me suis faufilé entre les voitures jusqu’à toi pour rester planté derrière toi en calquant mon allure sur la tienne. Puis, curieux, je t’ai doublé pour apercevoir ton profil et me rabattre ensuite devant toi pour lorgner ta bouille dans mon rétro. Bien sur, tu as fais ta coquette et lorsque je suis passé devant toi, tu n’a même pas daigné broncher un cil.
Et puis, on s’est passé et repasser devant l’un l’autre dans le flot des voitures qui nous indifféraient. Je m’étais habitué à ta présence et maintenant tu me semblais familière. La route défilait.
Puis, tu as mis ton clignotant pour sortir vers la mer. Je t’ai vu disparaître rapidement dans ta robe verte. Mais moi j’ai continué, mon conducteur filait vers son but qui n’était celui du tien.
Se reverra-t-on un jour sur ta route des vacances ? Peut être sur un parking du centre commercial ou en ville...
Mais moi je repenserai toujours à notre chevauchée fantastique, les rétros au vent, tous les deux, dans l’auto sphère de l’été.
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09.06.2007
Vu le genou de clair de Eric Rohmer 1970
J’ai revu ce film avec curiosité par rapport au décalage des années. 35 ans. Comment était cette période que j’ai vécue à l’age des amourettes d’adolescents. Film considéré intellectuel. Les dialogues des personnages sont incessants comme le pratiquait la jeunesse de l’époque en général même si la situation se déroulait dans la haute société. Ils priment sur le canot et la nature.
Je retrouve le discours de l’époque ou la libération sexuelle passait davantage par les mots que par l’action, contrairement à aujourd’hui. Que de cogitation incessante et parfois traumatisante à l’age des premiers amours. Le questionnaire romantique dirigé par l’homme pour cerner la pensée féminine, laissant la parole à 80 % aux filles. Que de changement depuis le 18 ème siècle ou l’homme faisait sa cours de paroles et mots voués exclusivement à faire craquer la belle dans le lit à baldaquin ou tissus légers et transparents voletaient comme sous une pluie de pollens blancs. Voir du coté d’un Luchini dans sa rhétorique qui fait sourire maintenant.
Un homme de 35 ans au prise d’une adolescente de 16 ans. Barbu le Brialy dans ce film ou sa cote au box office le reléguait à ce genre de film ; jouant les seconds rôles au coté de Delon ou Belmondo et n’apparaissant pas à celui de Funès mais plutôt aux théâtres parisiens flanqués de boites et restaurants mondains. Ce scénario semble presque impossible aujourd’hui tant la fracture de la jeunesse envers les quadras est nette. La luxure du beau et jeune, sur- médiatisée, ne laisse que peu de place à ce petit jeu sur les écrans des ciné cités qui prônent la violences et les effets spéciaux. Voir du coté d’un Clit Eastwood peut être …
C’est vrai que les actions romantiques se déroulaient en campagne, ici, lac et montagne. On découvre que la montagne existe, que l’eau est notre élément essentiel, que quand il pleut fort on s’arrête et l’on joue avec des moments forts de l’existence puisse que l’on parle d’amour.
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12.04.2007
Carambolage
Le directeur du magasin devait organiser un essai d'évacuation des clients en cas d'urgence. La note reçue par les services de la protection civile de la préfecture ne l'enchantait guère mais avec l'avis du staff technique du magasin, ils décidèrent de le faire le jeudi 12 avril à 13 heures. En effet, ce créneau horaire était statistiquement le moins fréquenté par la clientelle. Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'est que la direction nationale lancait une promotion sauvage ce jour là pour contrer la concurrence.
La clientelle attirée par l'allèchante promotion se rua dans le magasin comme la misère sur le pauvre monde. De plus, profitant du créneau de midi , les clients étaient plus pressés que d'habitude et donc plus énervés pour vaquer ensuite, leurs achats faits, à leurs obligations ou occupations habituelles.
L'alarme se déclencha à l'heure prévue avec l'annonce d'évacuer les lieux dare-dare.
La panique s'empara subitement à tous les consommateurs poussés par un vent de folie inhabituelle. A l'intérieur du magasin, ceux qui n'avaient pas passé leurs chariots en caisses se précitèrent vers la sortie en laissant leurs chariots sur place. Ceux qui avaient payés leurs courses se jetèrent sur les portes de sorties, bloquant les deux portes à tambour aux extrémités de la galerie. Les chariots s'agglutinèrent de telle sorte qu'un amas de ferraille et de victuailles se forma rapidement, s'élevant dans un brouhaha indescriptible. Un chariot pronait en haut de la pyramide avec comme étendard un papier cul rose maculé de sauce tomate, les cartons de lait éclatés faisait de cette sculpture féérique une fontaine unique dans l'histoire de l'architecture contemporaine.
Cette histoire, malheureusement vraie, ne fit aucune victime. Les clients furent dédommagés et le directeur fut écarté de la grande distribution. Son destin était donc tout tracé puisse qu'il est maintenant responsable d'une casse automobile à Carcassonne.
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