25.03.2009
Vu la graine et le mulet
J’ai aimé ce film, il me rappelle mon enfance, pas au sain d’une famille immigrant algérienne mais à coté de ces familles, moi le bien nommé français. Dans mon village, je ne savais pas ce que c’était le racisme, bien plus tard j’ai su. Il y avait bien des relents qui me parvenaient de l’indépendance de l’Algérie française, de jeunes plus vieux que moi qui parlaient de bougnoules et de casser du raton, je pense qu’ils tenaient ça de leurs parents, des conversations balancées entre deux faits divers du village, des bribes de mots de la radio qui rentraient dans une oreille distraitement, je ne leur demandais pas d’explications parce qu’ils n’auraient pas pu eux même m’en donner et que je n’osais pas. Il y avait aussi les histoires de pieds noirs qui avaient débarqués et qui étaient mal vu des français métro qui eux ne touchaient rien. Il avait du boulot, la vie était dure, mais bizarrement à aujourd’hui où il n’y a pas de boulot pour tout le monde, la société n’a pas changée fondamentalement …
A mobylette, Slimane faisait le tour du port pour ramener de poisson, du mulet à sa famille, parce comme mon voisin algérien qui récupérait de la nourriture pour sa famille, savait dénicher les affaires et je me rappelle dans son garage des kilos de pommes dans les cagettes en bois. j’en chipait une de temps quand je passais devant quand j’allai les voir, je faisais gaf qu’il ne voit pas parce qu’il n’aimait pas ça, enfin je présume. Je goûtais aussi chez eux parfois après de le monopoly. La bouffe, il savait se débrouiller ; son jardin, y avait tout, légumes et fruits.
Mon voisin, lui, allait travaillé à l’usine, au début en moto, puis il avait acheté une 2CV. Il était digne comme dans le film, il ne parlait presque pas mais une fois lorsque ado, à 18 ans, nous faisions n’importe quoi, il était inquiet pour l’avenir de ses garçons, mes amis. Sa famille, ses enfants s’intégraient à la vie française, école, lycée, fac, travail, mariage, divorce …Que pouvait-t-il répondre quand ses enfants lui disaient « tu devrais retourner au bled », ne savaient-t -ils pas que sa vie était ici en France auprès d’eux, qu’est ce qu’il ferait au bled sans eux, sans ses petit enfants, son port, ses bateaux et ses odeurs de graisse et de gasoil sous la tôle rouillée.
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