27.02.2009
La mort qui vous touche de près
Une sensation de vide dans le corps, quelque chose d’indéfinissable qui veut sortir, provoquée par l’émotion immense, le chagrin. Il faut que ça se vide. On naît petit, le corps bien rempli de ce capital de sentiments intacts, gonflé à bloc ; le corps grandit, se vide petit à petit des blessures de la vie, de superficielles à d’importantes ; ce sac se désemplit.
Lorsque l’émotion est son paroxysme, ça reste bloqué dans la poitrine, en haut de la poitrine. Il faut que ça parte qu’on se vide. Et puis tout à coup, jaillit les larmes, les sanglots sortent par la bouche, par le nez, par les yeux ; ça ne peut rester en dedans, il faut que ça sorte comme le volcan : le bouchon a cédé sous la pression. Évacuer la douleur contenue comme le jeune cheval fougueux qu’on débourre, ses naseaux expulsent des jets de souffles puissants mêlés d’eau brûlante, la bave aux mors - la bande dessinée le représente bien -…
Le vide s’est apaisé dans le corps, le cerveau prend le relais pour le mettre de coté, pour l’analyser, c’est le jeu de l’inconscient. De toute manière ça va ressortir de façon anodine et pernicieuse, la cicatrice n’est pas près de se fermer ! Il restera toujours des séquelles, qui s’ajouteront aux autres blessures. C’est la marque de la vie qui se voit sur les visages, même ceux apaisés. Il y a toujours une trace, au coin de l’œil ou dedans, une plissure gravée du front, un sourire presque parfait… à ne pas confondre avec les aléas du temps.
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