21.10.2008

PIANO BAR

Aujourd’hui, j’ai laissé sur ton portable un message pour nous retrouver au piano bar. A la terrasse, sous le soleil, je t’attendais. Le temps était propice à s’expliquer.
Tu es partie avec tes chapeaux sous le bras et ton sac de voyage, décoiffée. Mais qu’est ce que j’ai fait pour que tu me laisses seul. L’appart est triste et le chat aussi. Tu ne viens plus te balader sur les pentes de la Croix Rousse en laissant ton parfum flotté dans les allées ; pourtant j’aurais aimé, ce soir, les dévaler avec toi, main dans la main, comme autrefois, affamés vers le kebab du petit théâtre.
Grand Jo est passé par là. Carine est revenue, il est embêté avec elle. Il n’en revenait pas que tu sois partie comme ça. Il m’a payé une bière vodka et il est parti avec la serveuse au ciné voir un western, je croix.
Je t’attends encore, je sais que tu es toujours en retard. Il faisait nuit, dans le bar aussi, je ne n’ai pas vu le rideau de fer gris, crade, tagué se fermer. Je lui ai mis un grand coup de pied. La tôle ondulée s’est mise à onduler, à onduler comme des vagues. J’ai vu des touches de pianos giclées de partout en blanc et noir et puis plus rien.
L’ambulance roulait doucement en silence, les façades des immeubles clignotaient de bleu. Mon corps était bien.