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16.02.2008
Tintin, le canard enchaîné et les balayeurs
J’attendais le bus en compagnie d’un blaireau blondinet qui tentait de lire le canard enchaîné fraîchement imprimé au milieu d’une armada de balayeurs en action, armés d’aspirateurs électriques à bretelles. L’homme me faisait penser à Tintin avec son air guilleret et sérieux traquant l’information.
Pas de pot, le bus avait du retard, alors, en poireautant dans l’abri bus, j’observais le ballet des agents de propreté traquer la feuille automnale du trottoir.
Pas une ne doit pouvoir s’échapper tant l’organisation est efficace, rationnelle et sans pitié pour la feuille nervurée. La voirie doit être nickel et retrouver son noir authentique. Tout d’abord, deux hommes munis de gros aspirateurs, aidés d’un autre, posté sur la chaussée avec un aspirateur miniature très maniable, masques à poussière sur le visage, poussent les feuilles vers le caniveau, tendît que derrière, dans ce nid à poussière, la grosse balayeuse engloutit le tout par un flexible indiscipliné.
Tintin, pas perturbé par ce tintamarre, absorbé par un article présumé pas piqué des vers, ne bougeant pas d’un pouce à l’approche des hommes masqués, fut surpris de se faire souffler sa feuille de choux par le tuyau glouton du balayeur moderne traçant son caniveau obstinément. Le sloop de l’aspiration fut si prompt que notre homme resta les bras tendus tenant toujours son journal virtuel Il baissa ses bras doucement façon robot en regardant filer la balayeuse.
Il monta dans le bus, digne, la tête haute, moi, lui emboîta le pas, me retenant de rire pour rouler vers le boulot pas frustrer de l’aventure !
L’ère de la mécanisation a remplacé notre balai de paille et la brouette verte qui se faufilaient sans bruit dans nos allées de platanes. A quand les robots d’acier qui seront programmés pour nous saluer mécaniquement pour rétablir un peu convivialité d’antan d’une main tout en aspirant de l’autre.
17:25 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







