24.05.2011
Félix et Belle Rivière (1)
Par une belle journée de printemps, Félix connu Belle Rivière, jolie chinoise venue étudier à l’université du Havre. L’université organisait un pique nique géant comme tous les ans à la fête du printemps. Toutes les associations d’étudiants avaient préparé la journée et l’organisation des festivités pour recevoir 1500 étudiants prêts à en découdre avec un méga barbecue et un concert en fin de soirée. Félix, originaire de Fécamp suivait les cours de psycho en 3ème année et Jiang Li le cycle de littérature appliqué en langue française. Elle finissait cette année rejoindre pour son pays natal enseigner le français. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, eh bien si.
Après le concert, un feu d’artifice, tiré d’une vieille carcasse, embrasait le port. Les étudiants arrivaient en masse sur le bord des quais. Certains profitaient pour prendre un bain dans cette première soirée chaude, d’autres bien éméchés se baignaient sans retenu dans leur plus simple appareil. Des gerbes multicolores retombaient sur eux par intermittences les découvrant de la pénombre. Les pompiers pris de cours intervenaient pour les sortir de l’eau. Ils avaient même réquisitionné tout ce qui flottait pour parer au plus vite.
Jiang Li et ses amis poussés par foule tombèrent du quai dans l’eau noire et profonde. Félix qui avaient observé la scène se jeta à l’eau voyant la jeune fille prise de panique.
Félix tira Jiang Li sur le quai. Elle frissonnait dans sa chemisette blanche. Il lui prêta son chandail de marin pour la réchauffer puis la raccompagna jusqu’au foyer des étudiants. Jiang Li voulu lui rendre son chandail mais il refusa prétextant de passer le reprendre le lendemain. Depuis, ils ne se quittèrent plus.
La fin de l’année arrivait et le départ de Jiang Li était prévu le 30 juin. Félix lui fit le serment de la rejoindre. Il fit donc tout ce qui était possible pour qu’elle reste en France. Mais son contrat dans le cadre des échanges étudiants franco-chinois était strict et ne permettait aucune entorse au règlement. Félix avait beau faire le poireau devant la porte du Directeur de l’université, rien n’y fit. L‘université ne pouvait pas faire autrement sinon compromettre les échanges d’étudiants avec la Chine.
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08.11.2010
Parts pour écrire
Lie toi avec des gens vrais et non avec les personnages de ton imaginaire ou ceux qu’on veut t’imposer ; il faut partir maintenant, l’aventure t’attend, si tu savais … Prendre un train ou un avion à l’heure, c’est contraignant bien sur mais tu te retrouveras sur une île paradisiaque qui finira par être ennuyeuse et, pour t’évader, tu attendras la nuit noire venue. Rêver de Paris, Tokyo ou San Francisco, même si je connais New York, grâce au cinéma, avec ses taxis jaunes. Je note avec mon crayon à papier qui ne me quitte jamais dans la fumée des bateaux à vapeur :« Sortir de chez soi, va voir les nains de jardin d’Occident ou d’Orient ». Tu me raconteras tes souvenirs avant qu’ils ne s’effacent petit à petit de ta mémoire ; mais je te connais, tu les mettras de coté sur un bout de papier puis au clair sur ton ordi. Il y a un début à ces histoires parfois sans fin; les journaux en noircissent des pages et les lettres finissent sur tes doigts pour laisser des taches claires sur le texte. Le train peut aller loin mais s’arrête à la mer, obligé, alors il me reste à marcher sur le sable mouillé, laisser mes empreintes de doigts de pied et écrire des signes qui n’existent pas dans les livres. D’ailleurs, je n’irai pas plus loin, je n’aime pas le bateau, je m’y sens enfermé comme un avocat dans son palais de justice au citron. Pourquoi pas les palais de justice en mer comme ça je n’irai pas ; mais qu’est ce que j’ai de mal, mais qu’est ce qu’on a fait de mal ! Et puis ça me ferait trop marrer de voir les dossiers rouges, ouverts s’enfoncer dans le fond de la mer où quelques feuillets s’échoueront sur la plage, blanchis. Je m’en servirais pour t’écrire quand ils auront séchés au vent.
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30.08.2010
Sortir
Le plaisir d’aller au spectacle ensemble
On roule sur la route, le moteur tourne rond
La radio aussi, la radio aussi
L’heureuse plénitude
La scène est au fond du pré près de l’eau
La scène est vide, les moustiques commencent leur ballet au dessus de nos têtes
Le concert débute sous le déclin du jour
Il fait nuit, ils sont encore là, les applaudissements les chassent
Pour mieux attaquer à satiété la chair à porter de leurs trompes sanguines
Comment lutter contre cette armada
Vivement qu’on dégage pour ne plus supporter leurs sucions sans cesse renouvelées
Ce piquage rend fou, ah ce que je voudrais être à la place du batteur
Les musiciens plient aussi
Voici comment une soirée est gâchée
Pourtant
Un choix voulu et bien réfléchi, ce soir pas d’impro
Pas de spectacles : on y va, si on est déçu, tant pis
Rien ne pouvait perturber cette soirée
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